Clemenceau

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Comprendre Clemenceau

Clemenceau et les traités de paix de la Première Guerre mondiale

Le 24 juin 1919, Orlando [i.e. Sonnino], Balfour, Clémenceau et Wilson quittent le château de Versailles © BnF / Gallica

Au lendemain de l'Armistice du 11 novembre 1918, Clemenceau signe pour la République française trois traités de paix multilatéraux, dont celui de Versailles avec l'Allemagne le 28 juin 1919.

Georges Clemenceau nommé président du Conseil le 17 novembre 1917 signe pour la République française trois traités de paix multilatéraux, celui de Versailles avec l’Allemagne le 28 juin 1919, celui de Saint-Germain-en-Laye avec l’Autriche le 10 septembre suivant et celui de Neuilly le 27 novembre avec la Bulgarie. Au moment du traité de Trianon avec la Hongrie signé le 4 juin 1920, il s’est retiré de la vie politique depuis les élections de janvier à la présidence de la République, il a 79 ans. Il ne négociera pas non plus les deux derniers traités, à Sèvres le 10 août 1920 avec l’Empire ottoman et à Lausanne le 24 juillet 1923 avec la future République de Turquie.

En janvier 1919 les premières délégations étrangères arrivent nombreuses à Paris pour négocier la paix. Un conseil suprême, établi le 12 janvier 1919 réunit les cinq principales puissances alliées que sont les Etats-Unis d’Amérique, l’Empire britannique, l’Italie et le Japon, représentées par leurs chefs de gouvernement et leurs ministres des Affaires étrangères ; il tient 65 réunions en trois mois.

La présence d’experts sur tous les sujets rend confuses ces réunions et ralentit la procédure. Après avoir été un brillant chef de guerre, Clemenceau peine à orchestrer les débats entre les principales puissances alliées et les interventions des autres puissances alliées et associées (Belgique, Bolivie, Brésil, Chine, Cuba, Equateur, Grèce, Guatemala, Haïti, Hedjaz, Honduras, Libéria, Nicaragua, Panama, Pérou, Pologne, Portugal, Roumanie, Etat serbe croate-slovène, Siam, Tchécoslovaquie, Uruguay).

Pour alléger les séances, le conseil des Dix se trouve réduit à quatre chefs de gouvernement à partir du 24 mars. Ce sont Woodrow Wilson (États-Unis), David Lloyd George (Royaume-Uni), Vittorio Orlando (Italie) et Georges Clemenceau (France). Ils travaillent à la rédaction du traité avec l’Allemagne à partir des rapports des commissions spécialisées et reçoivent ponctuellement des interlocuteurs sur des sujets précis.

Clemenceau affronte Américains et Britanniques, bien plus cléments envers l’Allemagne dont ils n’ont pas subi les destructions sur leur propre territoire. Le président Wilson édicte ses principes fondés sur les 14 points qu’il a énumérés en 1918 devant le Congrès des Etats-Unis sur les aspirations des nationalités et le droit des peuples à disposer de leur propre sort. Pour prévenir les conflits à venir, il se réfère abondamment à la Société des Nations dont le pacte de création fait partie intégrante des traités de Versailles et de Saint-Germain-en-Laye.

Clemenceau défend cependant avec ténacité et obtient la réintégration de l’Alsace et la Lorraine du nord, la réduction de l’armée allemande à 100 000 hommes, l'occupation de la rive gauche du Rhin pendant 15 ans avec évacuation partielle de cinq en cinq ans, le paiement et les transferts de biens et d’équipements allemands pour compenser les « pertes et le dommage » subis (article 232) grâce à la clause de « culpabilité de guerre », les colonies africaines de l’Allemagne sont réparties entre la France, la Belgique, la Grande-Bretagne et l'Union sud-africaine.

A Saint-Germain-en-Laye, les Alliés s’accordent à refuser aux Autrichiens de langue allemande le droit de s'unir à l'Allemagne. Sous la pression des indépendantistes tchèques, ils créent une petite nation de 7 millions d’habitants définitivement séparée de la Hongrie.

Sans vision précise sur la question d’Orient encore très troublée en 1920, Clemenceau laisse ses successeurs régler la succession ottomane, s’opposant essentiellement à Lloyd George sur la Syrie que veut occuper la France.

La conclusion des engagements internationaux de la Première Guerre mondiale ne valait que par la volonté de les appliquer. Clemenceau avait conjuré les Alliés de maintenir entre eux l’union à laquelle ils devaient la victoire et qui était la plus efficace des garanties de paix. En novembre 1922, lors d’un voyage aux Etats-Unis, il leur rappelle en ami les sacrifices de la France et leurs responsabilités dans le monde.

L’histoire de ces traités illustre combien les divisions entre les Alliés eurent pour conséquence de faire germer de nouvelles discordes au sein de l’Europe, combien également l’absence de la Russie nouvelle et des Etats-Unis qui rejettent en novembre le traité de Versailles, ont affaibli la portée de ces accords.

Anne Liskenne


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