Clemenceau

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Comprendre Clemenceau

La vie de Clemenceau

George Clemenceau à son bureau

Pour mieux comprendre le rôle joué par le Père la Victoire en 1918, il convient de revenir succinctement sur le parcours de Clemenceau, ses combats politiques et les idéaux qu'il porta tout au long de sa vie.

Né le 28 septembre 1841, à Mouilleron-en-Pareds, en Vendée, Georges Clemenceau monte à Paris en octobre 1861 pour achever ses études de médecine. Élevé par son père dans les idées de la Révolution, il se lance en politique comme opposant au Second Empire et n’aspire qu’à installer de façon définitive la République. Longue et passionnée, sa carrière est celle d’un homme de convictions dont le seul dessein fut de rendre plus forte et plus vivante la devise « Liberté, Égalité, Fraternité ».

Menés au nom de la justice, ses combats furent nombreux et ses luttes permanentes. Dès 1861, dans la feuille Le Travail, il s’engage par la critique littéraire et attaque la bourgeoisie qu’il juge prétentieuse et stupide. Arrêté avec ses camarades le 23 février 1862 pour avoir apposé des affiches conviant les ouvriers à célébrer l’anniversaire de la chute de Louis-Philippe, il connaît la prison et se lie avec le révolutionnaire Auguste Blanqui.

En 1865, il part pour les États-Unis, « la terre de liberté », et y devient correspondant du journal Le Temps. De retour à Paris, il vit la guerre de 1870 enfermé dans Paris assiégé puis, sous la Commune, est nommé maire de Montmartre. En 1876, devenu député de Paris, il fait ses premières armes à la Chambre, aux côtés de Victor Hugo, en réclamant l’amnistie des Communards.

En 1880, contre l’appartenance à tout parti, désireux de maintenir son indépendance politique, il fonde son propre journal La Justice pour mieux proposer mais aussi s’opposer aux républicains opportunistes alors au pouvoir. Chef incontesté de l’opposition, Georges Clemenceau fait perpétuellement acte de vigilance et n’a de cesse de refuser toute décision irrespectueuse des droits de l’homme et du citoyen. Parallèlement, il travaille pour que la République se dote d’institutions plus démocratiques. Ainsi, en 1884, contestant l’existence du Sénat, il s’engage pour la réforme constitutionnelle.

En juillet 1885, après un discours mémorable contre la colonisation, il fait tomber le ministère Ferry. Ayant une haute idée de l’exercice du pouvoir, il critique sans détour les hommes politiques peu investis dans leur mandat. Soucieux de lutter contre les inégalités et la misère, le Tigre inscrit la question sociale au coeur de son action. Son premier ouvrage, La Mêlée sociale, publiée en 1895, est entièrement consacré à « ceux d’en bas » qu’il défend contre « ceux d’en haut. »

Favorable au droit de grève, il se bat pour le recul de la pauvreté, met en cause l’intolérable domination patronale, réclame des mesures urgentes de solidarité et oeuvre à l’amélioration des conditions de travail des ouvriers. En 1904, sénateur, il se consacre à obtenir l’interdiction de la céruse, pigment qui entre dans la composition des peintures et empoisonne les peintres en bâtiment.

En 1906-1908, devenu président du Conseil, il devient « le briseur de grèves » et, au nom du maintien de l’ordre public et de « la liberté du travail », réprime le mouvement social alors violent. Son choix du réformisme est vivement condamné et l’installe comme « ennemi de la classe ouvrière » révolutionnaire. Cependant, l’accès à l’éducation et à la culture pour tous et toutes est la clé de voûte de son idéal politique et social. En conséquence, malgré sa forte antipathie pour Jules Ferry, il vote les lois scolaires qu’il souhaite voir appliquées dans un état laïque.

Partisan de la séparation de l’Église et de l’État, il lutte, au Parlement comme dans la presse, pour la laïcité, la liberté de conscience et contre l’intolérance. À plusieurs reprises, il manifeste son hostilité à tout obscurantisme et à tout fanatisme religieux. À partir de 1897, son engagement total dans l’affaire Dreyfus concrétise de façon exemplaire l’exigence de justice et d’humanité incarnée, depuis toujours, dans son combat contre la peine de mort.

À partir de 1914, dans ses écrits et dans ses discours, il exhorte la France et ses soldats à dire non à la défaite. Avec courage et détermination, devenu président du Conseil en novembre 1917, il remplit sa mission et conduit la nation à la victoire. Par ses mots et ses actes, Clemenceau a lutté sans répit pour laisser une « République idéale », digne d’être embellie par les générations à venir.


Sylvie Brodziak


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