Clemenceau

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Comprendre Clemenceau

À cheval et à bicyclette... Clemenceau et le sport

Affiche publicitaire de la Compagnie française des automobiles de place, non daté.

Le sport était l'un des loisirs préférés de Clemenceau qui s'y adonna régulièrement jusqu'à ses derniers jours. Une page de sa vie loin d'être anecdotique puisqu'elle nous renseigne davantage sur les loisirs d'un homme politique de la IIIe République et sur les activités sportives pratiquées en France à cette époque.

Elevé au grand air, à cheval, par un père médecin, le carabin Georges Clemenceau hérite, à l’école de médecine, des principes du mouvement hygiéniste. Convaincu que l’exercice physique est indispensable à l’épanouissement intellectuel et contribue à la bonne santé, il fait du sport toute sa vie. Le tir, la chasse, l’escrime et l’équitation sont les loisirs favoris de ce jeune bourgeois du XIXe siècle né à la campagne.

À Paris, excellent cavalier, Clemenceau est un habitué du manège et fait, chaque matin, sur sa monture le tour du bois de Boulogne. Suivant les conseils de son père qui lui recommandait de fréquenter assidûment les salles d’armes, Georges Clemenceau devient également un excellent escrimeur comme le sont les représentants mâles de la haute société sous la Troisième République.

À la fois, homme de presse et homme public, il pratique le duel, forme de règlement des conflits appréciée par les journalistes et les politiques. Certains journaux aménagent une salle d’escrime dans leurs locaux. Certains hommes politiques fondent leur réputation et se refont parfois une virginité grâce aux duels. Georges Clemenceau, avec de nombreux combats à son actif, constitue l’archétype du duelliste politique. Il est vrai, comme le souligne Jean-Noël Jeanneney, que le code et la pratique du duel rassemblent des valeurs qui lui conviennent à merveille : « le sang - froid-atout majeur- le courage physique, le panache, l’orgueil de l’individualisme, affirmé contre les mouvements collectifs. »

Par conséquent, tout aussi à l’aise à l’épée qu’au pistolet, Clemenceau, par douze fois, rejoint son adversaire sur le pré. Plus tard, une fois la salle d’armes délaissée, il soutient avec ferveur le développement de l’escrime, sport dominé par le sentiment de l’honneur et le respect de l’adversaire. 

Dans les années 1890, le Tigre connaît ses premiers soucis de santé, et moins hardi, n’abandonne pas l’équitation mais découvre un autre moyen de locomotion aussi sportif et aussi plaisant : le vélocipède. Le député Clemenceau devient un « véloceman », un champion du sport vélocipédique et suscite les commentaires amusés de certains périodiques qui brocardent le « Clémencyclisme. » Mais ni monsieur le député ni, plus tard, monsieur le sénateur n’en ont cure.

Clemenceau adore sincèrement le vélo, pratiqué par lui sur les chemins de Vendée, sport moderne dont il vante les bienfaits dans un article du Bloc du 1er septembre 1901 intitulé « Philosophie sportive », tout en ajoutant avec malice « qu’il faut s’arrêter parfois pour réfléchir ».

Au début du XXe siècle, plus âgé, désormais asthmatique et diabétique, il s’adonne tous les matins sous la direction de Edouard Leroy, professeur d’éducation physique, à la gymnastique. La leçon commence tôt. Etendu sur le tapis de la salle à manger, dans l’appartement au 8 de la rue Franklin, il enchaîne abdominaux et exercices respiratoires. À 8 heures et demie, le cours est terminé et la journée de travail peut commencer. En 1929, quatre jours avant sa mort, sous les yeux de son « coach », il exécute sa dernière leçon de gymnastique matinale, soucieux de garder jusqu’au bout « un esprit sain dans un corps sain. » 

 

Sylvie Brodziak

 

Pour aller plus loin : 

> Jean-Noël Jeanneney, Le duel, une passion française (1789-1914), Le Seuil, 2004.

> A bicyclette ! catalogue d'exposition, Florence Rionnet (dir.) Les Lucs sur Boulogne (Historial de la Vendée, 18 mai -26 aout 2018), co-édition Conseil départemental de la Vendée - Silvana Editore, 2018.


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