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Extrait de la Une de "L'Homme enchaîné", du 6 avril 1917
Editorial de Clemenceau du 6 avril 1917 dans "l'Homme enchaîné"

La réaction de Clemenceau suite à l'entrée en guerre des Etats-Unis

L'entrée en guerre des Etats-Unis, le 6 avril 1917 suscita l'enthousisame de Georges Clemenceau dans un éditorial publié dans le journal "L'Homme enchaîné", dont voici un extrait.

06/04/1917

Type de document : Articles de presse

« [...] Nous, qui allions subir "l'offensive brusquée" de Guillaume, nous ne pouvions avoir de doutes sur les conséquences de la lutte pour la vie où nous réduirait l'agression allemande. La Russie vacillante par l'effritement d'un pouvoir absolu, dont l'efficacité fut d'universelle désorganisation, accepta la bataille sans prévoir, un moment, où elle la conduisait. Il fallut la violation de la Belgique pour réveiller l'Angleterre, sans que les neutres, grands ou petits, directement intéressés, pussent voir encore clairement quelles épreuves leur réservait une politique d'inertie. L'Allemagne, en ce temps-là, terrorisait le monde. Il fut besoin de la Marne et de Verdun pour apprendre aux peuples quelle force peut venir du sentiment du droit devant un adversaire qui ne se confie qu’à l'argument d'une brutalité sans frein. Nos victoires insuffisantes pour délivrer notre terre furent un soulagement pour les âmes oppressées de terreur. On eut le temps de réfléchir, et l'on se prit à réfléchir, en effet, surtout quand la guerre sous-marine vint appuyer d'une démonstration suprême les conjectures commençantes sur les périls, pour tous, du droit violé en la personne d'un seul.

 

Cette justice doit être rendue à M. Wilson qu'il ne s'y trompa jamais, car, dès la première heure, nous le vîmes s'installer, face à l'Allemagne, dans la forteresse inexpugnable du droit. Je n'ai point à rappeler les phases du débat. Guillaume, apparemment, comprit son ultime faiblesse, puisqu'il commença par céder aux représentations américaines, en acceptant une prétendue réglementation, d'ailleurs vaine, de sa guerre sous-marine contre les neutres. On sait comment, la faim aidant, les folies de Tirpitz finirent par susciter un irrésistible mouvement d'opinion publique qui devait l'emporter sur les résistances mêmes du Kaiser. De ce jour, le destin fut scellé.

Et, puisqu'il faut que, dans la grande lutte de l'absolutisme contre la liberté, la victoire du droit se trouve finalement assurée, la révolution russe et le message de M. Wilson nous annoncent simultanément que le jour est enfin venu du grand règlement de comptes pour tous les peuples en évolution de vie civilisée. »

[...]

 

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